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Dépistage de l'ATP1A3 chez les patients avec une hémiplégie alternante de l'enfance et avec des phénotypes apparentés

E. Panagiotakaki, J. Michel, D. Doummar, C. Mignot, E. Flamand-Roze, S. Nicole, H. Guilbert, P. Sabouraud, D. Sanlaville, A. Arzimanoglou, G. Lesca. Department of Clinical Epileptology, Sleep Disorders and Pediatric Functional Neurology, University Hospitals of Lyon, France

Objectif

L'hémiplégie alternante de l'enfance (HAE) est un trouble neurologique rare caractérisé par des épisodes transitoires d'hémiplégie alternante / d’hémiparésie, d'attaques dystoniques, de mouvements oculaires anormaux paroxystiques, de crises épileptiques et d'épisodes de dysfonctionnement autonome, débutant habituellement au cours de la première année de vie. En 2012, les mutations de l'ATP1A3 codant pour la sous-unité α3 de la pompe Na (+) / K (+) – ATPase se sont révélées être la principale cause de l’HAE. Les mutations de l’ATP1A3 peuvent également causer d'autres troubles neurologiques cliniquement associés : la dystonie-parkinsonisme à début rapide (RDP) ; le syndrome de CAPOS (syndrome d’ataxie cérébelleuse-aréflexie-pieds creux-atrophie optique-surdité neurosensorielle) ; le RECA (encéphalopathie récidivante avec une ataxie cérébelleuse) et l’encéphalopathie épileptique infantile précoce. Nous rapportons les résultats à 4 ans du dépistage génétique de patients français atteints d’HAE ou de troubles apparentés.

Méthodes

Entre 2012 et 2016, nous avons analysé un échantillon d'ADN de 162 patients pour la recherche des mutations d'ATP1A3 par la méthode du séquençage de Sanger ou, plus récemment, par le séquençage de nouvelle génération. Les données cliniques de tous les patients ont été examinées après l’analyse génétique.

Résultats

Nous avons trouvé des mutations d’ATP1A3 pathogéniques ou susceptibles d'être pathogéniques chez 59 cas index Une mutation de novo a été observée chez tous les patients à l’exception de 6 patients qui présentaient les caractéristiques cliniques répondant aux critères de l’HAE. La mutation p.Glu818Lys a été observée dans deux familles avec un diagnostic clinique de CAPOS. La mutation p.Arg756Cys a été rapportée chez 4 patients avec un diagnostic clinique de RECA. Les mutations p.Arg756His ont été trouvées chez un patient avec un RDP mais aucune mutation n'a été identifiée chez les patients présentant une dystonie isolée.

Conclusions

Cette étude confirme que les mutations de l’ATP1A3 sont responsables de la plupart des cas d’HAE, du syndrome de CAPOS ou de RECA. L'analyse des données cliniques a permis d'identifier seulement 6 patients avec une HAE sans mutation d’ ATP1A3. Ces patients ainsi que d’autres patients venant d'autres pays ont été inclus dans une étude génétique internationale ayant pour objectif d’identifier d'autres gènes responsables de l’HAE.

 


References

http://dx.doi.org/10.1016/j.ejpn.2017.04.1200